Religion et travail : les tensions augmentent

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L’Institut Ranstad et l’Observatoire du fait religieux en entreprise (OFFRE) ont publié au mois d’avril 2015 leur 3e étude sur le travail, l’entreprise et la question religieuse en France.

Cette étude, apparemment sans équivalent en Suisse, révèle des faits troublants, qui devraient interpeller les praticiens du droit du travail et des ressources humaines.

Sans prétendre ici en restituer toutes les conclusions, on fera ici deux observations :

Première observation, l’étude établit que la part des managers n’ayant que rarement affaire au fait religieux en entreprise est maintenant égale à celle des managers qui le rencontrent occasionnellement ou fréquemment, alors que les premiers étaient majoritaires dans les études passées. Cela signifie que les manifestations du fait religieux sont en augmentation dans la vie professionnelle.

Les formes que prennent ces manifestations sont, par ordre décroissant d’importance : les demandes d’absence pour des fêtes religieuses, le port ostentatoire d’un signe religieux, les demandes d’aménagement du temps de travail pour des raisons religieuses, la stigmatisation de personnes en raison de leurs croyances et pratiques, la prière pendant les pauses ou pendant le temps de travail, le refus de travailler avec une femme ou sous les ordres d’une femme, le prosélytisme, le refus d’exécuter certaines tâches pour des motifs religieux, l’intervention d’un représentant religieux extérieur à l’entreprise, le refus de travailler avec certains collègues, la prière collective et la demande de ne travailler qu’avec certains collègues de même religion.

Ces manifestations sont donc de deux ordres : celles qui correspondent à des demandes et pratiques personnelles (signes, prières, etc.) et celles qui se traduisent par une perturbation et/ou une remise en cause de l’organisation et/ou une violation des règles légales.

Deuxième observation, l’étude montre que les « cas compliqués à résoudre, éventuellement conflictuels » sont en augmentation. En d’autres termes, les situations problématiques et polémiques en rapport avec le fait religieux sur le lieu de travail se multiplient. Elles ont concerné 12% des personnes interrogées dans le cadre de l’Etude.

Les « cas complexe » le sont d’abord en raison de menaces d’accusation de racisme ou de discrimination (près de 60% des cas). Ils le sont ensuite en raison d’une remise en cause de la légitimité de l’entreprise ou du manager, d’un refus de discuter, de l’intervention de tiers extérieurs à l’entreprise (5% des cas) ou de demandes collectives.

La part de « cas complexes » est plus importante à Paris et dans la région parisienne, ainsi que dans les grandes zones urbaines de province (Lille, Lyon et Marseille).

(Source : Le travail, l’entreprise et la question religieuse, Institut Randstad et Observatoire du Fait Religieux en Entreprise (OFRE), Etude 2015.  L’étude est disponible dans son intégralité ici : http://www.grouperandstad.fr/espace-presse/actualite/etude-le-travail-lentreprise-et-la-question-religieuse/)

Addendum (20 août 2015): sur le sujet (et quelques autres – proches), on lira cette note  tirée de l’excellent blog de h16.

A propos Me Philippe Ehrenström

Ce blog présente certains thèmes juridiques en Suisse ainsi que des questions d'actualité. Il est rédigé par Me Philippe Ehrenström, avocat indépendant, LL.M. (Tax), Genève et Yverdon.
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